Introduction au conte :

Pillango ou la petite fille sans nom

Liliane a écrit son histoire pour faire un ou son travail de mémoire. Il est important que la mémoire perdure pour que toutes les victimes de la barbarie vivent.

Vladimir Jankelevitch a écrit dans un de ses ouvrages :
"Notre bonne mémoire, c'est le seul lien qui retient hors du néant, les voyageurs fantômes des convois de la mort. ..."

J 'ai essayé de revivre avec mes parents...
Cette historiette est une histoire vraie.
Pillango c'est moi et si j'ai écrit cette fable, c'est pour que les jeunes enfants puissent comprendre (c'est ce que je souhaite en tous cas) l'énormité de l'horreur.
Imaginez-vous les enfants, avoir été heureuse avec des parents qui me choyaient... puis tout à coup... plus rien.
C'est ce rien que je voudrais transmettre vous qui avez tout.
Aller de maison en maison sans que l'on vous demande votre avis, se cacher, se taire,
se cacher, se taire... je ne peux oublier.
Mes chers enfants (vous l'êtes toutes et tous dans mon coeur) je voudrais vous persuader que la seule richesse valable et importante c'est la culture de la paix, la paix partout. Il n'y a pas de race, il n'y a qu'une espèce humaine avec beaucoup de variétés
un bouquet de fleurs immense dans le vase : notre terre.
Il y a de la nourriture pour tous et un pays pour chacun. Mes parents ont été arrétés parcequ'ils voulaient la paix et la liberté en France, ils ont été assassinés comme Juif.
j'ajouterais, assassinés comme des êtres humains mis hors course, parce que sous-homme.
Personne n'est sous-homme, les olives israéliennes et les olives palestiniennes, ont le même goût , parce qu'elles poussent et mûrissent sur une même terre, les enfants israéliens et palestiniens ont DROIT à la paix, aux rires, au travail et lorsqu'ils seront frères (et non frères ennemis) la paix se répandra dans le monde.
Pillango demande au nom de ses parents d'arrêter toutes ses sales guerres qui ne servent à rien sinon qu'à faire des orphelins..
Liliane LELAIDIER-MARTON
10, rue Henri Barbusse 95100 Argenteuil.


Et maintenant, le conte !  



Bibliographie :
Sur la question des enfants cachés, on peut lire :
Ce n'est qu'un nom...
Ce n'est qu¹un nom sur une liste, mais c'est mon cimetière, Traumas, deuils et transmission, soixante ans plus tard, chez les enfants juifs cachés en France pendant l'occupation.

Préfaces de Boris Cyrulnik et Marie Rose Moro, La Pensée Sauvage Éd. Grenoble

"À partir du moment où nous sommes revenus à la maison, en 1945, jusqu'à la libération des camps, on y croyait encore. On attendait maman, on écoutait les listes à la radio. Papa allait à Paris pour voir devantl¹hôtel Lutétia les listes qui étaient affichées...
Pendant des années, je ne pouvais pas parler. J'assistais aux manifestations, mais je ne témoignais pas, je ne parlais de rien. J'en étais absolument incapable, j¹étouffais, je pleurais. "

Ce livre décrit le cheminement contemporain d'un groupe spécifique d'enfants juifs, orphelins de la Shoah, qui ont survécu au génocide, cachés et traqués. Soixante ans plus tard, la communauté de destin de leurs parents déportés par le même convoi, partis de France pour Auschwitz en 1942, sera le lien pour la création d¹une association. Les récits des uns et des autres permettent de percevoir les multiples itinéraires où chacun avait encore à élaborer les traumas d'une enfance saccagée. Mais au-delà des douleurs, cet ouvrage, dans son approche originale, explore les dynamiques personnelles et
collectives, étayées par le groupe, qui transforment les anciens "enfants cachés" en passeurs de mémoire et d'histoire pour ne pas les figer comme le dernier maillon d'une chaîne brisée.

Yoram Mouchenik est psychologue-psychothérapeute, Docteur en anthropologie, chargé de cours à l¹Université Paris 13 et consultant pour Médecins Sans Frontières

   
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